Le brin d'herbe

Blog philosophique et politique

Heure d'été
Samedi 4 avril 2015

Suggestion : remplaçons l'heure d'été et l'heure d'hiver par une différence de volume de travail : travaillons 7 heures en hiver et 8 heures en été.

Ainsi nous serons davantage avec la nature. Nous ferons des économies d'énergie (électrique et humaine), nous optimiserons notre temps de travail (en travaillant plus quand nous sommes naturellement plus efficaces).

soleil

Nous serons moins fatigués pour un meilleur résultat.

Nous serons plus riches.

Nous serons plus heureux.

Nous serons plus économes en ressources naturelles.

Notre époque vit engluée dans les fausses contradictions. En vérité tous les idéaux - humain, économique, écologique - se rejoignent dans un même concept : l'efficacité. Il faut rechercher l'efficacité partout. C'est un concept d'avenir.

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Agir contre la publicité
Vendredi 28 octobre 2011

Vous en avez marre de recevoir des publicités dans vos boites aux lettres ?

Il y a une solution. :D

Ecrivez « Pas de pub SVP » sur votre boite aux lettres.

Oui, je sais, ça ne suffit pas, les distributeurs continueront à vous inonder ! Attendez la suite.

Dès la prochaine pub que vous recevrez, appelez le numéro indiqué, et demandez des explications, plaignez-vous auprès de la personne (qui est responsable de cela d'une manière ou d'une autre puisque son numéro est arrivé dans votre boite aux lettres), demandez le nom de la société distributrice, etc.

Vous aurez peut-être l'impression que votre action ne sert à rien. Mais si tout le monde, ou même seulement beaucoup de gens, agissent de la même manière, même une fois de temps en temps, le répondeur téléphonique de certains pourrait exploser assez vite !

En plus ça ne coûte rien puisque en général ce sont des numéros de téléphone fixe, voire des numéros verts.

Il existe ainsi une foule de domaines de la vie quotidienne où l'on peut agir, à son niveau, de façon à changer les choses, au moins un petit peu... L'exemple le plus évident et le plus massif étant le commerce, chaque achat représentant une sorte de mini vote qui oriente l'activité économique de la société...

ceci est un bulletin de vote

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La gauche a raison
Samedi 5 mars 2011

Il y a une question politique toute simple, toute bête, dont la réponse m'échappe :

Comment se fait-il que tout le monde ne voit pas avec évidence que la gauche a raison ? Que toutes ses prédictions se réalisent et qu'elle est avant-gardiste, en avance sur son temps, et que l'avenir lui donne toujours raison ?

Réduction du temps de travail, protection sociale, écologie... Toutes les positions des gauchistes finissent progressivement par être admises comme des lieux communs.

Alors de deux choses l'une : ou bien les gens n'ont pas conscience de ça ; ou bien ils en ont conscience mais considèrent simplement que la gauche, justement, est un peu trop en avance. Ils iront là, mais plus tard.

Troisième hypothèse : les idées générales de la gauche sont bonnes, mais les partis de gauche sont si pourris et stupides que ça dégoûte de voter pour eux.

Quatrième hypothèse : à côté de ces valeurs de gauche d'avenir il y a aussi le communisme, qui apparaît plutôt comme une impasse, et qui ne correspond pas au sens de l'histoire. La vérité à ce sujet est qu'on peut passer directement du libéralisme au communisme, ou plutôt à la gratuité. Il faut réinterpréter et réécrire Marx en ce sens – c'est-à-dire en le purgeant de Lénine et de l'exotique idée d'une dictature du prolétariat pour passer de la société actuelle à une société future davantage libérée de l'emprise du travail.

Marx américain usa

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Politiquement correct, quand tu nous tues...
Mardi 1er mars 2011

Allez, un petit post d'actualité, pour changer.

On annonce que John Galliano, un couturier talentueux, va être viré de la maison Dior pour avoir prononcé des insultes et provocations antisémites dans un bar.

A voir les vidéos et à en croire les témoignages, il s'agit là d'extravagances d'un homme ivre, de provocations de soirée qui ne correspondent pas à un véritable racisme du personnage.

Cette affaire est symptomatique de notre époque : le politiquement correct qui neutralise et détruit toute créativité, la préoccupation hygiéniste et sécuritaire qui stérilise et tue tout personnage un peu original.

censure

Ceci rappelle d'ailleurs la récente occultation de Céline, qui lui, au moins, était notoirement antisémite, pour de vrai, mais qui n'en était pas moins par ailleurs l'un des plus grands écrivains français. Bref, il est temps de réaffirmer deux principes de base :

Premier principe : distinguer les différentes dimensions d'un homme, se permettre d'en prendre et d'en laisser. On peut aimer et célébrer Céline écrivain tout en méprisant Céline antisémite (et on peut au passage s'étonner qu'on puisse être à la fois si génial et si stupide). Ce principe est bêtement pratique : sans lui on se privera inutilement de beaucoup de choses, de la philosophie de Rousseau (il a abandonné ses enfants) aux aventures de Tintin (Hergé était raciste).

Deuxième principe : il serait temps de réaffirmer la liberté d'expression qui est décidément à l'agonie. Ce n'est pas en empêchant les racistes et les fanatiques de parler qu'on les fera taire.

En censurant ces discours on élève leurs auteurs (comme si nous avions peur de leurs idées !) et on abaisse le public (comme s'il était assez stupide pour se laisser convaincre). Oui, c'est cela au fond : la censure revient, ni plus ni moins, à prendre les gens pour des cons, à considérer qu'ils n'ont pas assez de jugement pour pouvoir entendre n'importe quoi. Détestable et nuisible mépris.

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Croissance ou décroissance ?
Jeudi 24 février 2011

La croissance est mal mesurée, parce qu'une augmentation de PIB (croissance) ne signifie pas forcément une augmentation de bien-être. Par exemple une épidémie augmente le PIB en augmentant les ventes de vaccins, ou les puces électroniques orchestrant l'obsolescence programmée des imprimantes et autres appareils électronique augmente à la fois le PIB et le gaspillage (donc la pollution).

Pourtant, la décroissance n'est pas non plus souhaitable en soi, intrinsèquement. Ce qu'il faudrait éventuellement, c'est augmenter notre richesse réelle tout en diminuant notre pollution.

Mais surtout, la question de la croissance ou de la décroissance ne devrait même pas être posée politiquement. On pourrait soutenir que la décision de devenir plus riche, ou plus pauvre, est une question privée, individuelle, et que le pouvoir politique doit se limiter à assurer la justice économique, sans se soucier de la richesse.

Il est spécialement scandaleux et stupéfiant d'entendre dire que la croissance économique est un impératif politique ! Au contraire une politique bien faite doit être indépendante de la question de savoir s'il y a ou non croissance économique.

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Le monde comme volonté et représentation
Dimanche 29 août 2010

Aujourd'hui, pas de pensée, seulement cette image :

guerre calme gamaniak

Elle vient du très sympathique site Gamaniak, qui présente plein d'images amusantes, ainsi que des vidéos.

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La tribu, nouvel idéal régulateur
Mercredi 11 août 2010

En philosophie politique, on trouve de multiples fictions, comme le notait Yves-Charles Zarka dans Figures du pouvoir : l'état de nature pour les philosophes modernes (Hobbes, Spinoza, Locke, Rousseau) ; la fable des abeilles de Mandeville et la main invisible d'Adam Smith pour les économistes ; le voile d'ignorance pour John Rawls ; etc.

Sans complexe, après cette prestigieuse lignée je propose une nouvelle fiction : celle de la tribu, du village.

En effet, de nombreuses questions aujourd'hui sont rendues complexes et illisibles par la taille des société, qui déconnecte les hommes les uns des autres (c'est la fameuse déliquescence du lien social, ou la substitution d'une solidarité organique à la vieille solidarité mécanique, pour le dire dans les mots obscurs de Durkheim).

Prenons par exemple la question des droits d'auteur. Question philosophique complexe quand on raisonne abstraitement, dans la société moderne : comment rémunérer les chercheurs scientifiques, les artistes dont les œuvres sont piratées en ligne, les ingénieurs qui déposent des brevets, les laboratoires pharmaceutiques ?

Eh bien, imaginons une tribu. Cela permet de simplifier les choses et de les ramener à leur essence, à leur concept. Un homme invente un nouveau procédé qui permet de construire les maisons beaucoup plus vite. Pensez-vous qu'on lui versera des droits d'auteurs, autrement dit qu'une partie de la tribu se mettra à travailler gratuitement sous ses ordres ? ;;

Je ne pense pas. Je pense qu'il sera adulé, mais qu'il n'aura pas un kopek.

Léonard de Vinci
Génie regrettant de n'avoir pas un kopek

D'où on peut tirer le principe politique suivant : le génie sera glorifié, mais non rémunéré. Les seuls droits d'auteurs seront symboliques, car les œuvres du génie sont elles-mêmes symboliques, et ne sauraient être appropriées... Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. C'est aussi un point de vue marxiste : les œuvres du génie seront rémunérées au prix nécessaire pour nourrir le génie !

Mots-clés :  économie   justice   politique   droits d'auteur   valeur   
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Sécurité et xénophobie
Mardi 3 août 2010

J'ai une question idiote : :)

Si la droite juge qu'il y a trop de violence et de délinquance, pourquoi ne durcit-elle pas la loi contre tous les délinquants au lieu de la durcir seulement contre les étrangers et assimilés, via des procédures de double peine, du type retrait de la nationalité ? ;:

Cela ne serait peut-être pas beaucoup plus efficace (répondre à la violence par la violence n'est pas une méthode qui ait fait ses preuves, pour autant que je sache), mais ce serait certainement beaucoup moins nuisible (la stigmatisation de minorités a en revanche souvent eu des conséquences fâcheuses ou fascistes, pour autant que je sache).

La seule explication que je vois est : pour satisfaire une certaine frange de l'électorat, qui nourrit une haine irrationnelle et injustifiée pour les étrangers. (On peut haïr la violence, la délinquance, le vol et l'injustice ; mais il ne sera jamais rationnel d'exiger une peine plus sévère pour un homme sous prétexte qu'il appartient à telle ou telle minorité.)

Plus profondément, je me demande bien pour quelles raisons étranges il n'y a pas de droite qui soit sécuritaire sans être raciste. Cette interrogation rejoint une autre, plus mystérieuse encore : pourquoi n'y a-t-il pas (en France du moins) de gauche qui soit à la fois socialement progressiste et économiquement libérale ? Sans doute la simplification de l'échiquier politique en un clivage gauche-droite ne laisse-t-elle pas la place à de si grandes subtilités.

Mots-clés :  France   racisme   sécurité   politique   justice   
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La morale et la guerre
Lundi 26 juillet 2010

Au fond le Bien et le Mal sont des concepts de guerre. pirate

Nous n'en avons pas besoin.

L'action ne requiert que les concepts de Bon et de Mauvais.

Les concepts de Bien et de Mal sont utilisés par celui qui ne se contente pas d'agir, mais qui veut imposer son action aux autres.

Ce qui est merveilleux chez les écrivains, et plus généralement chez les artistes, c'est qu'ils vous foutent la paix. Contrairement aux philosophes ils ne jugent pas. Ils sont descriptifs et relativistes. Ils préfèrent la création à la critique. Faire plutôt que juger. Etendre le possible plutôt que le restreindre.

Certains penseurs ont été séduits par cette amoralité de l'art :

Friedrich Nietzsche
Juge rêvant de devenir peintre

On pourrait objecter à tout ce raisonnement que le Bien et le Mal ne sont pas seulement des concepts de guerre, mais aussi des concepts politiques et par conséquent nécessaires. Mais la politique peut se passer de moralité. Le principe démocratique se distingue du principe moral, et si on le pousse jusqu'au bout, on peut arriver à l'idée que la morale doit rester une affaire privée, comme la religion. De sorte que l'objectif de la loi ne serait pas de déterminer le Bien, de nous pousser aux bons comportements, vertueux, mais simplement à assurer, techniquement pour ainsi dire (mais peut-être avec des moyens qui ne sont pas seulement mécaniques, mais aussi symboliques, psychologiques et affectifs), la vie en commun. Autrement dit, la seule morale dont la loi a besoin est celle de l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

Plus profondément, la grande difficulté qu'il y a à se passer de la morale, et donc à comprendre Nietzsche (dont l'idée centrale est de dépasser la morale), tient à la subtilité de la distinction entre le méchant et le mauvais, entre la morale et l'esthétique. Car l'esthétique, ça, il n'est pas question d'y renoncer !

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De la nécessité de séparer les problèmes
Mercredi 30 juin 2010

Je reviens sur un point source de très nombreux débats.

Quand on avance des solutions écologiques comme la taxe carbone, on entend souvent cet argument : « c'est injuste, car si on fait payer la pollution aux pollueurs, les riches pourront continuer à polluer, mais pas les pauvres ». Il y a des variantes multiples, mais l'idée est toujours la même.

Mais il faut séparer les problèmes si on veut les traiter adéquatement et justement.

Les deux aspects doivent être traités séparément. Il est vrai que la prise en compte de la pollution nous appauvrira inéluctablement collectivement (encore qu'en termes réels, s'obliger à polluer moins constitue un enrichissement), mais cela ne doit pas nous amener à la confusion des mécanismes, car une telle confusion est pleine d'effets pervers :

On retrouve se problème quand des mesures s'empilent, par exemple une aide sociale (chômage ou RMI), plus une aide au logement, plus des transports gratuits, etc. Si on aide une première fois les pauvres, pourquoi les aider ensuite encore sur chaque consommation ? Si l'aide initialement donnée est insuffisante, il faudrait plutôt l'augmenter directement, cela pousserait à davantage de rationalité et d'économie (car une aide en nature pousse à la consommation).

Notez que je pourrais prendre un exemple, plus original, de l'autre côté, avec les multiples niches fiscales concernant les riches, qui s'ajoutent également les unes aux autres. Si on fait payer les riches, avec limpôt sur le revenu, pourquoi annuler ensuite cette nécessaire redistribution par de multiples cadeaux fiscaux ? Sans parler des multiples avantages dont bénéficient les riches, notamment à travers leur entreprise. Mais en France on adore les privilèges, que ce soit pour les riches ou pour les pauvres.

Cet argument de la séparation des problèmes s'applique à d'autres cas que l'écologie. En particulier on peut aussi l'appliquer à l'efficacité en général (et pas seulement écologique).

Ainsi, plutôt que d'entraver le marché du travail par d'absurdes contraintes (comme l'interdiction du licenciement) qui protège un travailleur (peu efficace) contre un sans-emploi (potentiellement plus efficace), il vaudrait mieux procéder ainsi :

Ici encore les effets pervers sont innombrables quand on se laisse aller à la confusion, à l'inadéquation et au gaspillage. Je me contenterai de citer Zoé Shepard, que je félicite ici pour son courage, tout en soulignant comme d'autres que le problème qu'elle soulève se retrouve ailleurs...

Bref : au lieu de protéger les travailleurs contre les sans-emploi, on ferait mieux de protéger les sans-emploi.

Conclusion : je remarque donc une grande proximité entre le problème écologique et le problème plus général, mais lié, de l'efficacité économique. Il faut traiter ces problèmes séparément du problème social, et traiter le problème social en une seule fois pour davantage de simplicité, de transparence et de justice.

(Les autres problèmes aussi doivent être, dans la mesure du possible, traités en une seule fois : c'est l'intérêt de la taxe carbone, avec une seule mesure qui se répercute automatiquement partout.)

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Pour un libéralisme écologique
Samedi 19 juin 2010

Le problème est simple : des pollutions, des activités nuisibles existent.

(Consommation de pétrole qui émet du CO2 dans l'atmosphère ; surexploitation des océans ; électricité nucléaire et déchets quasi éternels ; tabac causant des cancers ; aliments excessivement gras causant de l'obésité ; etc.)

La première solution venant à l'esprit serait d'interdire les activités nuisibles. On ne pêche plus de poisson (ou on applique des quotas), on ne brûle plus de pétrole, on ne fume plus, etc.

Mais cette solution est difficile à appliquer. Parce qu'il y a de l'inertie. Parce que les hommes ne veulent pas. C'est donc politiquement difficile. Et de toute façon, une interdiction brutale du jour au lendemain manquerait de souplesse.

Mais il existe une autre solution, très simple également : faire payer les nuisibles à hauteur de leur nuisance pirate. C'est le principe du pollueur-payeur. Que chacun balaie devant sa porte, que chacun nettoie sa merde, ou du moins paie pour elle.

Il s'agit donc de taxer, à la source, toutes les activités polluantes à proportion de leur pollution. Ce qui signifie, dans un grand nombre de cas, de taxer les quantités de matières nocives consommées, qu'il s'agisse de ressources naturelles abusivement exploitées (pétrole, poisson) ou non (alccol, tabac, graisse).

Les avantages de cette méthode sur l'autre sont multiples :

On pourrait appeler ce système le libéralisme écologique, ou plus exactement le libéralisme encadré, car il consiste à combiner l'efficacité du marché (avec, notamment, les prix comme meilleur indicateur possible de l'information) avec l'application d'un encadrement fiscal soigneusement défini par l'Etat, donc par la volonté politique.

C'est le libre jeu du marché, mais avec des règles soigneusement définies par l'Etat.

Taxer plutôt qu'interdire

Bref : Mieux vaut taxer qu'interdire.

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Critique de l'assistanat
Samedi 5 juin 2010

On s'habitue de plus en plus, en France et ailleurs (mais en France plus qu'ailleurs), à être perpétuellement assisté. Qu'une catastrophe naturelle se déclenche, et tous les regards se tournent vers l'Etat. Idem en cas de licenciement, de difficulté économique, etc.

Il est urgent d'en sortir.

L'assistanat est en effet nuisible à tous points de vue :

Cela dit le point le plus négatif est peut-être cette idée, fausse et déprimante, mais aussi auto-réalisatrice, selon laquelle nous ne sommes pas responsables de nous-mêmes, de notre vie et de notre bonheur.

Tout ceci ne signifie évidemment pas qu'il faut supprimer toute forme d'assistance. En revanche il serait bon de se souvenir que c'est une exception qui ne saurait devenir la norme. Dans un monde sain l'assistance n'est pas nécessaire ! Le véritable objectif politique est donc de faire disparaître l'assistance en la rendant inutile. Et, pour combattre un problème, l'assistance devrait être le dernier recours, le médiocre expédient provisoire en attendant la vraie solution.

Cela me fait penser à un effet pervers que j'oubliais, mais qui est pourtant essentiel : l'assistance nous fait oublier de résoudre le vrai problème de fond qui l'a rendue nécessaire. A ce titre elle fonctionne comme l'art ou la drogue.

Feuille de cannabis

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Eloge de la simplicité
Vendredi 4 juin 2010

Dans le cadre de la réforme des retraites, il est aujourd'hui question de prendre en compte la pénibilité de chaque métier. L'idée est d'emblée fumeuse à cause de l'indétermination scientifique du concept : comment mesurer la pénibilité ? En l'occurrence il est question d'avoir recours à un examen médical afin de déterminer les droits de chaque personne.

L'intention est louable : les différences d'espérance de vie selon les métiers exercés ont en soi quelque chose de scandaleux, et si c'est l'espérance de vie qui détermine l'âge de la retraite, il serait logique que celui-ci soit proportionnel à celle-là.

D'un autre côté, ces mécanismes visant à rétablir une certaine justice sont nécessairement complexes et lourds à appliquer, surtout dans la société de demain où on n'exercera plus guère un même métier tout au long de sa vie. On voit venir de multiples calculs et systèmes d'ajustements, avec leurs approximations et injustices inhérentes... Il en découlera calculs d'épiciers, tentatives de fraudes, et frustrations multiples... avec finalement un sentiment d'injustice général.

C'est pourquoi on pourrait aussi proposer, comme solution au problème des retraites, la grande simplification suivante : un seul minimum retraite universel, identique pour tous, et, comme son nom l'indique, minimum. Chacun est ensuite libre de se constituer un complément en épargnant tout au long de sa vie.

D'ailleurs, en fusionnant ce minimum avec le RSA, on pourrait créer une sorte de revenu universel pour personnes sans activité, ce qui aurait pour avantage de supprimer la question de l'âge du départ à la retraite : chacun pourrait la prendre dès qu'il le voudrait, si son épargne lui semble suffisante pour satisfaire ses besoins.

On pourrait aussi durcir ce principe en faisant de ce revenu universel quelque chose de facultatif, qui ne serait versé qu'exceptionnellement, aux personnes dans le besoin. On sortirait ainsi de la société d'assistance dans laquelle on s'enfonce un peu plus chaque jour.

Bref, selon la direction dans laquelle on l'étire, ce principe pourra paraître de gauche, ou de droite. L'élément qui ne change pas est la simplicité. On ne saurait sous-estimer la valeur de la simplicité en politique :

Je crois que la France a d'ailleurs particulièrement besoin d'une grande cure de simplicité. Proposition de loi : pour chaque nouvelle loi votée on doit en supprimer une ancienne (si besoin en la fusionnant avec la nouvelle loi). L'idéal étant de ne pas voter de loi et de se contenter de la pratique, du bon sens, et surtout d'instaurer des mécanismes de justice...

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Klaxon
Jeudi 14 janvier 2010

Je pense que la stupidité humaine culmine dans le klaxon.

A Paris, ville censée être l'un des points culminants de la civilisation, les carrefours résonnent sans cesse de coups de klaxon... Ah, que je hais ce comportement inutile et absurde ! Expression primitive de la colère. Acte qui ne peut faire qu'empirer les choses. Et puis, bruit. Nuisance.

Schopenhauer, homme raffiné, détestait le bruit. Il voyait dans la réduction du bruit un signe de civilisation. C'est en effet un signe qui ne trompe pas, et le vacarme de nos cités modernes montre que nous sommes très loin de la vraie civilisation !

Alors voici, M. Delanoë, une proposition simple pour renflouer les caisses de l'Etat : faites appliquer la loi. Il est interdit de klaxonner sauf en cas de danger immédiat. A 50 € le coup de klaxon, ça devrait aller assez vite.

Sinon, je me réserve toujours la possibilité de balancer, depuis ma fenêtre, des seaux d'eau ou des œufs sur les pare-brises des idiots nuisibles. Je me plais à imaginer la réaction du type, qu'il soit dans une mercédès noire très chic ou dans un vieux bahut prolétarien. Je suis sûr que cela pourrait l'amener à réfléchir. Il est vrai que je suis quelqu'un d'optimiste.

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Identité nationale
Vendredi 4 décembre 2009

Débat amusant, ou pathétique : celui sur l'identité nationale. Un chiffon rouge agité par la droite, pour faire réagir la gauche et remporter des voix. Et ça fonctionne. D'ailleurs moi non plus je ne peux m'empêcher de réagir tant l'idée est absurde.

drapeau français

Quelle idée ? L'idée de vouloir définir et cerner une identité nationale pour en faire un instrument politique d'inclusion et surtout d'exclusion. Ici on n'inclut que pour pouvoir exclure. Tests de langue française, tests d'amour, tests de patriotisme. Nombreuses sont les absurdités qui guettent, des idées et des sentiments plus périmés que jamais.

Pour le dire en un mot : vouloir légiférer sur ces choses-là est impossible et ignoble, car c'est une profonde atteinte à la liberté de pensée. Impossible, car on ne peut toucher à cette liberté, nul ne peut lire les pensées et sentiments d'autrui. Ignoble, car vouloir le faire est ignoble et détestable. C'est le viol politique. Se soucier d'une intimité qui ne regarde personne.

La loi ne peut et ne doit porter que sur les actes. Tout ce que l'on peut exiger d'un citoyen, d'un individu, c'est qu'il se comporte de telle ou telle manière. Ses mots et ses pensées doivent rester libres. Les tentatives de résoudre divers problèmes (paix sociale, terrorisme, etc.) en portant atteinte à cette liberté fondamentale sont vouées au rejet et à l'échec.

Il est vrai que c'est là la spécialité de la France, sous couvert de la formule magique « intégration » : l'Etat français a déjà porté atteinte à la liberté religieuse en interdisant le voile ; il n'est plus à une ignominie près.

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Alain Badiou
Mardi 26 mai 2009

Alain Badiou est vieux.

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Le pays des privilèges
Lundi 11 mai 2009

Une fois n'est pas coutume, je me permets de pousser un petit coup de gueule sur un événement récent. Je suis d'ailleurs d'autant moins susceptible de partialité que je suis favorisé par le privilège que je dénonce.

Il y a quelques semaines, le gouvernement a annoncé que les enseignants pourraient profiter d'un prêt de 30 000 € à taux zéro, remboursable sur dix ans, pour l'achat d'une première résidence liée à une mutation professionnelle.

Alors franchement, je m'interroge. OK, c'est la crise. Il faut relancer l'économie, etc., ce qui est d'ailleurs prétexte à mille mesures aussi démagogiques qu'inefficaces. Par exemple jeter des miettes aux plus pauvres comme on donne un peu de grain aux oiseaux.

Mais cela devient carrément scandaleux quand la mesure ne touche pas les plus pauvres, mais une classe déjà privilégiée. Les professeurs, comme les fonctionnaires en général, jouissent déjà de mille privilèges. Ma question est simple : au nom de quoi fait-on ce cadeau aux professeurs plutôt qu'à toute autre catégorie ?

S'agit-il de relancer le logement (ce qui est déjà, en soi, une mesure condamnable, les prix élevés de l'immobilier étant un facteur d'accroissement des inégalités et par conséquent d'amollissement de l'économie) ? Dans ce cas ce n'est pas seulement aux professeurs qu'il fallait faire ce cadeau. Les professeurs sont parmi les mieux placés pour obtenir un prêt de la part des banques, en raison de la stabilité inégalée de leur emploi. Sont-ils vraiment ceux qui avaient le plus besoin de ce coup de pouce ?

Encore une fois, je fais partie de ceux qui pourront profiter de cette mesure. C'est uniquement une injustice criante qui suscite ma réaction. Il faut vraiment qu'il y ait en France la passion des privilèges pour que l'on puisse laisser passer une chose pareille sans même réagir. Mais cette tradition est si bien ancrée que je n'aurais pas assez de place ici pour faire la liste de tous les privilèges inacceptables que compte la société française contemporaine...

Hypothèse encore plus méchante : on n'a pas entendu de réactions car l'opposition, de gauche, est intimement liée aux enseignants et ne veut pas les fâcher. Ce ne serait hélas ni la première ni la dernière de ses infamies et de ses trahisons...

Mots-clés :  politique   privilèges   injustice   France   actualités   
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