Le brin d'herbe

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Manifeste

La diminution du temps de travail

Premièrement : l’histoire se présente de manière assez uniforme et incontestable comme un long mouvement de progrès scientifique et technologique qui augmente l'efficacité du travail : nous pouvons produire les mêmes richesses avec de moins en moins de ressources naturelles et de travail humain. D'où l'augmentation des richesses et la diminution du temps de travail, dans tous les pays du monde et en particulier en Europe.

Un risque de cette évolution est que le travail devienne un bien rare, et que la réduction du temps de travail soit subie, inégalitaire. C'est-à-dire le chômage.

Le seul et universel moyen de lutte contre le chômage est donc dans le partage du travail restant entre tous les membres de la société. Au niveau d’un pays, on peut certes dire que la solution est de produire des produits meilleurs et moins chers afin de gagner des parts de marchés à l’échelle du monde. Mais il faut comprendre que les parts de marché gagnés par un pays sont perdus par un autre : si on fait diminuer le chômage en France par cette méthode, on le fait augmenter dans un autre pays !

Puisque la quantité globale de travail diminue, la seule solution est de partager le travail restant de manière équitable.

Cela n’est pas facile car le travail tend spontanément à se concentrer, ce qui est assez logique d’un certain point de vue : c’est plus pratique d’un point de vue d’organisation. Et aussi, l’économie est peut-être plus efficace si on fait travailler les plus doués et qu’on laisse les autres au chômage, un peu comme un cultivateur qui ne cultiverait que ses terres les plus fertiles s’il n’a pas besoin de toutes (au lieu de cultiver, par exemple, la moitié de chaque champ).

On peut être tenté de passer par des lois rigides comme la loi sur les 35 heures. Mais les lois rigides qui diminuent la liberté des individus sont toujours à éviter. Il vaut toujours mieux, si on y arrive, essayer de procéder d’une manière plus souple, qui tire parti des différences entre les hommes et restreint aussi peu que possible leur liberté individuelle (par exemple, ici, la liberté de travailler plus que 35 heures pour certains hommes, en supposant que d’autres seront heureux de travailler moins).

Conséquences pratiques

A partir de ce premier constat nous pouvons rectifier un certain nombre de propos ambigus que nous entendons chaque jour.

Premièrement, le but des hommes politiques n’est pas de « créer du travail » ou de « créer de l’emploi ». Il est au contraire de détruire du travail (par la recherche et les progrès technologiques), autrement dit d’augmenter l’efficacité (aussi bien en temps humain, objectif humaniste, qu’en ressources naturelles, objectif écologique, les deux étant liés) et de partager ce travail, d’assurer sa juste et équitable répartition entre les hommes. C’est ce point qui est délicat. Mais formuler correctement le problème est une déjà une étape importante !

Deux objectifs : travailler moins et polluer moins

La réduction et le partage du volume de travail est donc notre véritable objectif. Un deuxième objectif est de cesser de polluer la planète. Ce deuxième objectif est plus important que le premier, tout simplement parce que la planète passe avant l’homme. En effet, l’existence de l’homme dépend de l’existence de la planète. La terre est notre mère à tous. Il faut donc mettre fin à tous les discours occidentaux présomptueux vieux de plusieurs siècles. La nature avant l’homme ! Elle nous est supérieure. Un peu d’humilité, s’il vous plaît.

Conséquence pratique : quand on demande quelle est la priorité entre la « crise » et l’environnement, il faut clairement répondre : l’environnement.

Mais ce qui est remarquable, c’est que ces deux objectifs sont étroitement liés : réduction du travail et protection de l’environnement. En effet, c’est évident puisque presque tout travail humain est polluant.

L’objectif est donc de diminuer le travail (pour des raisons humanistes : moins se fatiguer et avoir plus de temps pour s’amuser) et de moins polluer.

Ici il faut opérer une distinction importante : une manière de moins polluer serait de moins consommer, ce qui entraînerait moins de travail et de pillage des ressources. C’est ce que prônent les partisans de la décroissance. Ils ont certainement raison. Leur idée déplaît peut-être, parce qu’elle semble régressive, et surtout ils veulent nous priver de jouissances auxquelles nous sommes habitués. Mais n’oublions pas que notre vie dépend de la nature. Il est nécessaire (nous en avons le devoir moral, et il le faut si nous voulons survivre) de protéger celle-ci.

Mais la diminution de la consommation n’est pas la seule voie vers ce double objectif humain et écologique. L’autre solution est de détruire du travail (j’aime cette expression iconoclaste), non par la diminution de la consommation mais par l’augmentation de la productivité, de l’efficacité. On peut rouler moins, mais on peut aussi inventer une voiture propre.

Il faut couper court à certains arguments, du type, quand on gaspille quelque chose : « ça fait marcher l’industrie du papier ». Idiotie pure. On ne consomme pas pour pouvoir travailler, on travaille pour pouvoir consommer.

Secteurs de l’économie à détruire (ou plutôt, à moderniser)

Traduisons tout ce qui précède en termes concrets : grâce à la clarification de nos idées, nous voyons maintenant qu’il ne faut pas hésiter à détruire de l’emploi, surtout s’il est inutile. Il faut donc remplacer, partout où c’est possible, le travail humain par des machines (c’est-à-dire, en fait, remplacer le travail humain par un autre travail humain – fabriquer des machines – mais plus court) :

Les avantages sont multiples : d’abord, les boulots que l’on supprime sont des boulots mécanisables, donc souvent les moins intéressants. Ensuite, et surtout, on libère des quantités énormes de temps humain.

L’objection massive est : mais que feront tous ces (pauvres) gens ?

Première réponse : même s’ils devaient être au chômage, avec un revenu correct, ce serait mieux que de faire un métier devenu inutile. Ils y gagnent, car ils gagnent moins d’argent mais ont leur vie libre. Les autres y gagnent aussi, car ils paient moins cher (voire, ne paient plus du tout) pour ces services.

Il serait d’ailleurs peut-être temps de revoir notre jugement social qui condamne les oisifs : en effet, ce n’est pas de leur faute dans une société qui n’offre pas du travail pour tous. En fait, il faudrait louer et féliciter ceux qui se dévouent pour être chômeurs, laissant le travail et la richesse aux autres.

Mais la vraie réponse est qu’il faut réussir à partager le travail. Les caissières, facteurs, fonctionnaires devenus inutiles, pompistes, guichetiers, encyclopédistes et libraires doivent pouvoir se reconvertir pour exercer d’autres activités.

L’Etat doit supprimer les emplois inefficaces et en créer dans la recherche

Je vais être concret : l’Etat, aujourd’hui, devrait de toute urgence supprimer un maximum d’emplois inutiles, car ces emplois pèsent sur l’économie française tout entière. En faisant ceci il réaliserait d’ailleurs d’importantes économies, c’est-à-dire que le peuple tout entier (le contribuable) réaliserait des économies. Le gaspillage n’est jamais intéressant.

Et en parallèle, il devrait investir massivement dans un, et un seul, domaine : l’éducation et surtout la recherche, notamment dans les énergies renouvelables et la lutte contre toutes les formes de pollution. Et ceci, non pas pour créer de l’emploi, mais uniquement parce qu’il y a un vrai problème à résoudre.

Résumé de ce qui précède

Nous avons donc posé et admis les points suivants :

Il reste des questions importantes à traiter. La première et plus importante de ces questions est de savoir comment parvenir au partage du travail.

Permettre le temps partiel

Une première idée, absolument nécessaire (mais peut-être pas suffisante !), est de rendre au moins possible, et même d’encourager, le temps partiel pour ceux qui le souhaitent. Dans une situation de chômage massif, il n’est pas acceptable que ceux qui souhaitent travailler moins ne le puissent pas.

En fait il faudrait que chaque heure supplémentaire travaillée par une personne lui rapporte un peu moins que la précédente et coûte un peu plus à son employeur. On peut ainsi imaginer des charges salariales progressives. L’inconvénient de cette méthode est qu’elle est peu libérale : idéalement une telle méthode n’est pas nécessaire, et l’harmonie peut se trouver sans elle.

Remarque : sur le licenciement

Mesure concrète : il faut supprimer toutes les entraves au licenciement. Cette mesure est le degré zéro de la lutte contre le chômage, et voici pourquoi :

Nous avons vu une première manière de partager le travail : rendre le temps partiel possible. Cette méthode suffirait peut-être. Ce serait merveilleux. Et c’est réellement possible. Mais ce n’est pas tout à fait certain.

Une fausse solution : relancer la consommation

Une méthode couramment proposée est la méthode de Keynes : stimuler la consommation. (Politique de la demande.)

Par exemple : l’Etat réalise de grands travaux. Disons qu’il construit une autoroute. Cela donne lieu à des salaires. Les ouvriers qui perçoivent ces salaires peuvent alors consommer. Cela relance l’économie en créant de nouveaux emplois.

Le point capital est que cette politique est valable de manière temporaire, pour faire face à un déséquilibre provisoire, bref résoudre un problème conjoncturel. Mais pas pour un problème structurel.

Dans ce cas elle ne fait qu’engendrer un déficit durable.

C’est pourtant dans cette politique, notamment par démagogie, que nous sommes enterrés depuis trente ans.

Encore un mot contre la politique keynésienne : elle raisonne en termes de volume. Comme si la solution était dans la croissance. Là encore, cela est valable comme argument conjoncturel, provisoire, comme déclencheur, comme stimulation pour revenir à l’équilibre. (D’ailleurs les déficits de l’Etat doivent alors être renfloués dès que la croissance est revenue.) Mais sinon il est absurde de raisonner en termes de volume. On voit bien que les problèmes économiques ne sont pas des problèmes de quantités mais de répartition. Ce qui importe n’est pas la richesse globale (surtout aujourd’hui où nous sommes globalement plus riches que jamais) mais la répartition des richesses, la justice économique.

Ainsi la pire fuite, la pire fausseté est de chercher la solution à des problèmes de circulation et de justice économique dans davantage de croissance. C’est une manière particulièrement éclatante et misérable de se voiler la face.

Aujourd’hui, toute cette politique keynésienne est bonne à jeter.

Il faut comprendre au contraire qu’on a besoin d’une bonne crise.

Il ne faut pas hésiter à enclencher une politique d’austérité.

Nous avons trop consommé (dette) : il va falloir payer, rembourser la dette, c’est-à-dire travailler plus pour gagner moins. Baisse du pouvoir d’achat.

Nous avons vécu au-dessus de nos moyens (pollution) : nous avons pollué sans payer pour ça, sans nettoyer notre crotte. Il va falloir s’y mettre, et nettoyer aussi la crotte passée. Là encore, travailler plus pour gagner moins. Deuxième raison pour une baisse du pouvoir d’achat.

Enfin, la société vieillit. Il va donc falloir travailler plus longtemps.

Pour lutter contre le chômage, on a donc vu :

Vraie solution : la redistribution

La vraie solution, je pense, est dans la redistribution.

Il y a là un argument de Keynes qui n’est pas conjoncturel mais qui permet d’agir sur la structure même du circuit économique.

La redistribution augmente la consommation moyenne, car un riche dépense moins, en proportion, qu'un pauvre : au plus on est riche, au plus on épargne une part importante de son revenu (c'est la loi psychologique fondamentale de Keynes).

Une difficulté significative est de savoir comment réaliser cette redistribution.

Pour ce qui est de prendre de l'argent, c'est facile : il suffit de le prendre aux plus riches via l'impôt sur le revenu (et éventuellement sur le capital, mais cela ne semble même pas nécessaire si on taxe suffisamment le revenu global, de manière fortement progressive).

On pourrait d'ailleurs simplifier grandement la fiscalité en remplaçant tous les impôts, sauf ceux qui correspondent à une nuisance précise (taxe carbone, taxe sur le tabac), par l'impôt sur le revenu. On supprimerait ainsi la TVA, impôt très inégalitaire car s'appliquant identiquement à tous, riches et pauvres.

On pourrait aussi supprimer, ou alléger, les charges pesant sur le travail, ce qui donne un élément de réponse pour la question suivante.

Cette question est de savoir comment redistribuer ?

On pourrait se contenter de redistribuer l'argent aux pauvres, à proportion inverse de leur revenu (impôt sur le revenu négatif). Mais cette solution présente les inconvénients habituels liés à l'assistanat. Je pense que ces inconvénients sont assez importants pour qu'il faille absolument chercher à éviter cette solution et en chercher d'autres, plus subtiles.

Une première solution est celle qu'on vient d'évoquer : alléger la fiscalité en certains points, notamment en allégeant les charges sur le travail (surtout le travail peu qualifié). Le but de la manip est de faire en sorte que les travailleurs pauvres gagnent davantage, et aussi de réduire le chômage. Or cet allègement des charges permettra d'approcher le deuxième objectif, en augmentant la compétitivité internationale du travail (je sais bien que cet argument est limité, car il se place à l'échelle nationale et ne résout rien dans l'absolu) mais aussi sa compétitivité tout court, donc sa rentabilité (on peut imaginer que le niveau de travail et de satisfaction s'établisse à un niveau supérieur si celui-ci est moins imposé).

Une deuxième solution, encore plus fondamentale, est de penser que la simple existence des services publics constitue une redistribution, car ils sont offerts à tous, et non uniquement aux riches. Il y a de la vérité dans cet argument, mais en réalité les services publics profitent surtout aux riches (notamment pour l'éducation, car les enfants de riches font des études plus longues, et pour la retraite, car les riches vivent plus longtemps), de sorte que les services publics ont plutôt un effet anti-redistributif ! (Ne parlons même pas des multiples cadeaux aberrants faits aux riches, comme la gratuité des écoles françaises à l'étranger, actuellement (juillet 2010) remise en cause.

Les arguments contre la redistribution sont les suivants :

Pour la rigueur budgétaire

A ce sujet le point essentiel est de faire comprendre à la gauche qu'il faut sortir du keynésianisme.

La question de la dette peut d'abord se poser en général, qu'il s'agisse de l'Etat ou d'un particulier. Posée ainsi, les avis divergeront considérablement sur la question de savoir s'il est pertinent de s'endetter. Voici ce qu'on entendra :

Nous avons d'un côté des considérations psychologiques, de l'autre un argument économique.

Il est clair que la dette a un coût. Elle n'est donc pertinente que si elle rapporte, et encore faut-il qu'elle rapporte davantage que ce qu'elle coûte.

Pour reprendre l'exemple du financement d'une maison ou d'une voiture, je dirais volontiers que la rationalité économique (dans sa version prudente, qui est la version à adopter quand on se place au point de vue de l'Etat) commande de n'avoir recours à la dette que si (1) c'est absolument nécessaire (ce qui sera très rare) ou si (2) cela permet d'augmenter nos revenus d'une somme supérieure aux intérêts (par exemple si l'achat d'une voiture permet de décrocher un emploi mieux rémunéré ; ou si l'achat d'une maison se fait avec un crédit résiliable sans frais et d'un montant inférieur ou égal au loyer que l'on paie actuellement).

Conclusion : l'Etat ne doit s'endetter que si sa dette lui rapporte plus qu'elle ne lui coûte. Il ne doit donc pas s'endetter pour financer ses simples frais de fonctionnement (une telle situation ne saurait d'ailleurs perdurer durablement).

En toute rigueur l'Etat devrait donc avoir un compte pour son fonctionnement courant, et un compte pour ses investissements. Le premier compte doit être parfaitement équilibré. Dans le deuxième, il faut étudier chaque investissement et s'assurer qu'il rapporte plus qu'il ne coûte.

Bref, il faut appliquer à l'Etat la même rationalité économique qu'ailleurs. Le fait que l'argent de l'Etat soit collectif n'autorise nullement à le gaspiller. Il y a en revanche des causes qui poussent à le gaspiller. Celles-ci doivent rendre sa gestion d'autant plus rigoureuse.

Critique des arguments opposés.

Le principal argument qui s'oppose à la rigueur budgétaire est l'argument keynésien, traditionnellement adopté par la gauche. L'idée est la suivante : par ses dépenses l'Etat relance l'économie. Car ses dépenses sont des salaires (de fonctionnaires notamment, mais aussi de contractuels privés) qui entraînent donc de la demande, ce qui stimule la production et l'économie tout entière.

Réponse. Cet argument est exclusivement conjoncturel : la relance ne peut valoir que comme remède à un déséquilibre provisoire, momentané, conjoncturel. Elle peut permettre de relancer un mécanisme grippé, exactement comme un moteur à explosion qu'il faut pousser un peu pour qu'il démarre. Si en revanche le moteur a un problème, c'est-à-dire si l'économie présente un problème structurel (ce qui est le cas aujourd'hui, car au-delà de la crise actuelle il existe un chômage structurel), alors la relance ne fait qu'aggraver les choses.

En effet, le revers de la médaille est qu'un emploi financé par l'Etat pèse sur l'ensemble de l'économie qui le finance (impôts et charges sociales supplémentaires notamment). La situation est encore pire si cet emploi est peu utile, car alors, en taxant le travail utile pour financer un travail inutile, on diminue l'efficacité et donc la rentabilité moyenne du travail, ce qui nuit à la compétitivité de l'économie, et ce qui est aussi tout simplement mauvais, car c'est une forme de gaspillage. Cette mesure tend alors à avoir l'effet inverse sur l'économie : au lieu de stimuler l'emploi on l'asphyxie.

Conclusion concrète : il faut ajourd'hui diminuer considérablement le niveau de la dette, et donc le déficit public.

Les investissements utiles sont :

Simplifier la fiscalité

De manière générale, comme dans ce post, on peut faire l'éloge de la simplicité, qui a en politique de multiples avantages :

Je crois que la France a d'ailleurs particulièrement besoin d'une grande cure de simplicité. Proposition de loi : pour chaque nouvelle loi votée on doit en supprimer une ancienne (si besoin en la fusionnant avec la nouvelle loi). (Montaigne soulignait déjà le caractère nuisible du foisonnement des lois.) L'idéal étant de ne pas voter de loi et de se contenter de la pratique, du bon sens, et surtout d'instaurer des mécanismes de justice...

La taxe carbone et le libéralisme écologique

Le problème est simple : des pollutions, des activités nuisibles existent.

(Consommation de pétrole qui émet du CO2 dans l'atmosphère ; surexploitation des océans ; électricité nucléaire et déchets quasi éternels ; tabac causant des cancers ; aliments excessivement gras causant de l'obésité ; etc.)

La première solution venant à l'esprit serait d'interdire les activités nuisibles. On ne pêche plus de poisson (ou on applique des quotas), on ne brûle plus de pétrole, on ne fume plus, etc.

Mais cette solution est difficile à appliquer. Parce qu'il y a de l'inertie. Parce que les hommes ne veulent pas. C'est donc politiquement difficile.

Mais il existe une autre solution, très simple également : faire payer les nuisibles à hauteur de leur nuisance. C'est le principe du pollueur-payeur. Que chacun balaie devant sa porte, que chacun nettoie sa merde, ou du moins paie pour elle.

Il s'agit donc de taxer, à la source, toutes les activités polluantes à proportion de leur pollution. Ce qui signifie, dans un grand nombre de cas, de taxer les quantités de matières nocives consommées, qu'il s'agisse de ressources naturelles abusivement exploitées (pétrole, poisson) ou non (alccol, tabac, graisse).

Les avantages de cette méthode sur l'autre sont multiples :

On pourrait appeler ce système le libéralisme écologique, ou plus exactement le libéralisme encadré, car il consiste à combiner l'efficacité du marché (avec, notamment, les prix comme meilleur indicateur possible de l'information) avec l'application d'un encadrement fiscal soigneusement défini par l'Etat, donc par la volonté politique.

C'est le libre jeu du marché, mais avec des règles soigneusement définies par l'Etat.

De la nécessité de séparer les problèmes

Pour traiter adéquatement les problèmes, en politique, il faut les séparer soigneusement les uns des autres (sauf cas indissociables) et les traiter séparément.

Je pense en particulier à l'interpénétration du problème écologique et du problème des inégalités.

Par exemple, on critique parfois la taxe carbone en disant qu'elle pénaliserait davantage les pauvres. Cette affirmation serait à vérifier. Mais même si elle était vraie il ne faudrait pas pour autant moduler la taxe carbone en fonction des revenus. Car l'idée de la taxe carbone est de mettre le prix des choses en adéquation avec leur coût (écologique) réel. Or la pollution d'un pauvre est aussi nuisible que celle d'un riche. Par conséquent la taxe carbone ne doit dépendre que de la quantité de carbone émise.

Si l'instauration de cette entraîne une situation économique plus difficile, c'est à la politique sociale (redistribution notamment) d'être développée, conformément à notre volonté politique en la matière. Mais c'est un autre débat et il faut laisser chaque chose à sa place.

Pour le dire plus clairement : la pauvreté est regrettable, mais elle n'autorise pas à polluer l'enivronnement (consommation de pétrole) ou la santé d'autrui (consommation de tabac).

De manière plus générale, l'empilement des mécanismes partageant le même but a pour effet de rendre le système peu lisible. Ainsi un chômeur ou un RMIste bénéficiant d'aides multiples en plus de son indemnité (aide au logement, réduction ou gratuité sur les transports en communs, musées, cinémas, restaurants, etc.), il devient très difficile de savoir ce qu'il gagne vraiment et de s'assurer de la justice du système (en l'occurrence, s'assurer qu'il gagnerait davantage en travaillant).

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Conclusion

On propose donc ici :

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