La ville est laide car les hommes sont laids et la ville c'est les hommes.
Les films de science-fiction, avec leurs décors en plastique luisant, nous donnent une vision trompeuse du futur : car la technique n'éloigne pas l'homme de la nature, elle tend au contraire à l'en rapprocher. Elle y tend déjà, et elle y tendra de plus en plus.
Allez, des exemples, des images, des figures :
Le rêve de l'homme est de vivre tout naturellement dans la forêt, sans en ressentir les désagréments ; de dormir nu dans les champs sans se faire irriter par les herbes et piquer par les moustiques ; bref, de consommer une nature sans nature. Grâce à se progrès intellectuels et technologiques constants il se rapproche chaque jour de cet objectif.
Conclusion : les nouveaux matériaux ne nous feront pas vivre dans ces ghettos en plastique que nous montrent les films de science-fiction, ils nous permettront de vivre dans la nature.
Cela dit, les villes ont tout de même de l'avenir, car la concentration humaine aura toujours un intérêt spécifique. Mais elles aussi seront, probablement, de plus en plus naturelles, silencieuses, confortables.
Au grand dam de ce clochard que j'ai rencontré un jour. Il y avait là marché de plantes, et cet homme, qui détestait la nature, s'énervait contre l'évènement : « Qu'est-ce que c'est que toute cette saloperie, toutes ces plantes ? C'est la ville ici ! La nature doit rester à la campagne, ici c'est le goudron et le béton ! »
Après un petit séjour à la campagne, voici les conclusions de mes analyses :
Premièrement, à la ville l'homme est tout. La ville regorge d'hommes, tout à la ville est fait par l'homme. A la campagne en revanche, l'homme n'est rien, la nature est tout, et l'action des hommes semble insignifiante. C'est pourquoi l'urbain s'agite et le campagnard se calme. « Puisque je sers à rien, autant ne rien faire », songe ce dernier.
Deuxièmement, il y a le mimétisme. A la ville tout le monde s'agite, alors on fait comme eux et on court sans savoir où ni pourquoi. A la campagne en revanche, tout est immobile. Les montagnes. Les arbres. Les champs. Même les moutons. Chaque brin d'herbe semble t'inviter à faire comme lui, à se laisser bercer par la brise, paresseusement, dans l'air tiède du printemps.
Van Gogh, Le Repos