Le brin d'herbe

Blog philosophique et politique

Pour l'équilibre budgétaire
Jeudi 10 juin 2010

Une révolution urgente à gauche est de sortir du keynésianisme et de sa défense irréfléchie, en toutes circonstances, de la dette et du déficit publics.

L'argument de Keynes est le suivant : en s'endettant, l'Etat peut relancer l'économie via les salaires qu'il verse, car ces salaires augmentent la consommation et la consommation stimule l'économie.

Première remarque : en réalité pour Keynes le véritable « multiplicateur » de croissance n'est pas la consommation mais l'investissement.

Deuxième remarque : cette stimulation pour relancer la machine, analogue au fait de lancer un moteur à explosion pour qu'il démarre, est une solution provisoire pour un problème conjoncturel : elle suppose que l'économie, structurellement, est prête à fonctionner, qu'il manque juste la pichenette de départ pour que la circulation s'enclenche.

Par conséquent, cette solution ne saurait être pertinente pour la crise structurelle à laquelle nous faisons face aujourd'hui, et depuis 1975 (et à laquelle s'ajoute la crise survenue en 2007).

Autre conséquence : en toute rigueur, l'endettement d'Etat contracté en temps de crise (conjoncturelle !) doit être compensé par des économies (via un « fonds de relance keynésienne » créé ad hoc) réalisées en l'absence de crise conjoncturelle.

De sorte que finalement la dette publique, comme toute dette d'ailleurs, n'est défendable que si elle rapporte plus qu'elle ne coûte, c'est-à-dire si elle concerne des investissements, et des investissements rentables. Ils sont principalement de deux types, pour autant que je sache :

La dette doit donc être strictement limitée aux limites de ces investissements et de leur rentabilité. En dehors de cela, le budget de l'Etat devrait être parfaitement équilibré.

Ce n'est pas parce que cet argent est collectif qu'on peut le gaspiller. Et s'il y a des causes qui poussent à son gaspillage, ce n'est qu'une raison pour en surveiller d'autant plus rigoureusement la gestion.

Ce qu'il faudrait en revanche retenir de Keynes, et que la gauche a trop tendance à oublier, c'est son argument structurel, précisément : la redistribution, qui augmente la propension moyenne à consommer de la population, et restaure ainsi l'équilibre économique.

Mots-clés :  économie   rigueur   budget   crise   
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