J'ai déjà parlé de ce point dans un post précédent, mais j'y reviens à l'occasion de la publication du Livre blanc des femmes de ELLE - 20 mesures concrètes pour transformer la vie des femmes… et celle des hommes.
Voici le passage qui m'a le plus gêné à la lecture de ce texte :
C'est là, je pense, une grande erreur du féminisme. Autant l'identité nationale me semble une absurdité dont je souhaite la disparition, car elle ne repose sur rien de réel et naturel, autant la disparition des identités sexuelles ne me semble ni possible ni spécialement souhaitable. Mais surtout impossible. Et c'est à mon avis une grande erreur que de confondre égalité et identité. Nous pouvons et devons faire de la femme l'égale de l'homme. Mais nous ne pouvons ni ne devons en faire l'identique.
Bref, pour répondre précisément à l'extrait ci-dessus, si des métiers sont dévalorisés car féminins, il ne faut pas agir sur le fait qu'ils sont féminins mais sur le fait que ce qui est féminin est valorisé. La vraie libération de la femme n'est pas de la déguiser en homme et de faire disparaître le féminin, mais de reconnaître enfin le féminin à sa juste valeur !
(D'ailleurs, on trouvera chez Nietzsche, supposément machiste, bon nombre d'éléments pour faire cette révolution, notamment dans sa valorisation du corps par rapport à l'esprit, et plus généralement du détail, de la vie quotidienne, du confort, de la gastronomie, etc.)
Moi qui ai le goût du paradoxe, je remarque d'ailleurs celui-ci : pour une bonne part, ce qu'on a appelé « libération de la femme » a constitué en fait sa soumission suprême aux valeurs masculines, puisqu'il s'est agi d'imposer ces valeurs aux femmes.
La vraie libération de la femme ne consistera pas à copier l'homme, mais à inventer une femme libre. Libre et différente. Et d'ailleurs l'amour hétérosexuel est en grande partie amour de la différence. Pour une fois qu'une telle chose existe, ne la détruisons pas !
N.B. : Je me rends d'ailleurs compte que les logos féministes expriment à merveille ce « mauvais féminisme » !