Le brin d'herbe

Blog philosophique et politique

La folle au myosotis
Vendredi 27 mars 2009

Il y a deux manières de trouver la beauté : ajouter une couche ou enlever une couche.

Enlever une couche : enlever la couche de pollution qui recouvre un monument ou une maison, éteindre une machine, dynamiter une barre HLM, et surtout dévoiler une vérité, comme le fait par exemple Dogville...

Ajouter une couche : peindre une maison, se maquiller, utiliser un walkman pour ne pas entendre le bruit du métro et de la ville, fumer une cigarette pour ne pas sentir l'odeur de la pollution, ou mettre un encens, etc.

A cette liste on peut ajouter la belle invention de Kundera : la « folle au myosotis » :

Myosotis

Elle se dit : quand l'assaut de la laideur sera devenu tout à fait insupportable, elle achètera chez une fleuriste un brin de myosotis, un seul brin de myosotis, mince tige surmontée d’une fleur miniature, elle sortira avec lui dans la rue en le tenant devant son visage, le regard rivé sur lui afin de ne rien voir d’autre que ce beau point bleu, ultime image qu’elle veut conserver d’un monde qu’elle a cessé d’aimer. Elle ira ainsi par les rues de Paris, les gens sauront bientôt la reconnaître, les enfants courront à ses trousses, se moqueront d’elle, lui lanceront des projectiles, et tout Paris l’appellera : la folle au myosotis...

Milan Kundera, L'Immortalité, 1990
Mots-clés :  métaphore   littérature   beauté   vérité   
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